
| | L'histoire du métal rockLe heavy metal (ou communément metal) est un sous-genre du rock, devenu style musical à part entière dans les années 1970. Le heavy metal puise son inspiration, entre 1969 et 1974, dans des groupes de hard rock qui, en combinant blues et rock, ont créé un hybride à la tonalité lourde, épaisse, centré sur des sons de batterie et de guitare à la distorsion très amplifiée.
Au fil des années, le heavy metal a donné naissance à des sous-genres variés et, bien que ceux-ci soient généralement appelés « metal » par le grand public, le terme « heavy metal » a maintenant deux sens distincts : soit le genre et toutes ses variantes, soit le style original des groupes des années 1970 et 1980 parfois baptisé « metal traditionnel » . De ce fait, la définition du terme tend à être ambiguë et n'est pas la même selon la période de l'histoire du rock à laquelle on se réfère.
Dans les années 1970, le terme « heavy metal » (popularisé par le critique Lester Bangs) était synonyme de hard rock, genre auquel il reste encore parfois assimilé dans l'inconscient populaire. Les premiers groupes — comme Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin, Blue Cheer, Iron Butterfly — étaient donc indifféremment considérés comme des groupes de heavy metal ou de hard-rock.
Au début des années 1980, le terme a été redéfini par Lester Bangs peu de temps avant sa mort : il existe une subtile différence entre hard rock et heavy metal, résidant principalement dans le fait que le heavy metal tend à se débarrasser des racines blues tandis que le hard rock les conserve. Avec cette définition, qui prévaut de nos jours, seuls des groupes comme Black Sabbath et Judas Priest peuvent être considérés comme précurseurs de l'esthétique et du son spécifiques du heavy metal.
Le heavy metal se popularisa dans les années 1970 et 1980, au fur et à mesure de l'apparition de ses sous-genres, et il génère toujours dans les années 2000 un fort engouement de la part de ses fans à travers le monde.
Le heavy metal se caractérise par la dominance de la guitare et de la batterie, ainsi que par une rythmique puissante. Il puise ses influences dans le rock, la musique classique et, dans une moindre mesure, le blues. Toutefois, comme il englobe de nombreux sous-genres qui se sont démarqués les uns des autres de par leurs propres variations stylistiques, il existe désormais une très grande variété de sons et de styles au sein du genre dit « heavy metal ».
En terme de rythmique, le heavy metal se caractérise par :
Un groove spécifique s'appuyant fréquemment sur des phrases rythmiques en staccato (à travers un large emploi du palm mute). Des phrases rythmiques s'appuyant sur de courtes figures rythmiques égales binaires ou ternaires (le plus souvent en croche ou double croche) en mesure 4/4 le plus souvent. En termes plus métaphoriques, cela veut dire que le metal se caractérise souvent dans son ensemble par des rythmiques dynamiques et saccadées, réalisées à partir de petites cellules rythmiques sèches juxtaposées les unes aux autres. Beaucoup de groupes reprennent ensuite cette trame de base en l'agrémentant de diverses variations à travers des ornements mélodiques ou des syncopes.
Un usage récurrent de longues valeurs rythmiques (en ronde, voire s'étendant sur plusieurs mesures), dans les chansons à tempo lent : autrement dit, des accords oppressants qui résonnent longuement grâce à l'amplification.
Dans les sous-genres de metal, ce groove de base reste toujours fréquent mais il présente diverses variations selon les genres : le power metal, le thrash et le death l'ont accéléré avec des rythmes en tremolo, tandis que les groupes de black metal ont tendance à délaisser le staccato dans leur tremolo pour les jouer en legato (sans palm mute). Dans le doom et le gothic metal, c'est plutôt l'emploi de valeurs longues en ronde qui sera exploité plus en profondeur. Les groupes de metal progressif eux aussi reprennent souvent le groove de base mais l'adaptent à d'autres mesures (5/4, 7/4, 5/8, 7/8, etc.).
L'origine du terme heavy metal employé en musique est incertaine. Cette expression, utilisée depuis des siècles dans les secteurs de la chimie et de la métallurgie, est répertoriée sous cette acception dans le dictionnaire Oxford English Dictionary. L'une des premières utilisations du terme dans la culture populaire underground revient à l'écrivain américain William S. Burroughs qui, dans son roman The Soft Machine (1961, La Machine molle en français), évoque un personnage du nom de « Uranian Willy, the Heavy Metal Kid ». Dans son roman suivant, Nova Express, publié en 1964, il développe ce thème plus avant encore en faisant de l'expression heavy metal une métaphore des drogues psycho-actives. Ce terme peut aussi signifier « artillerie lourde ».
Photographie du Hindenburg en feu, adaptée ensuite par Led Zeppelin pour la pochette de leur premier album (Led Zeppelin I)Le premier emploi du terme heavy metal dans une chanson enregistrée remonte à 1968, dans la phrase « heavy metal thunder » qui figure dans le morceau Born to Be Wild de Steppenwolf. D'après l'ouvrage The History of Heavy Metal, le terme fut emprunté au « hippiespeak » (« jargon des hippies »), heavy (« lourd ») se rapportant à toute chose capable de générer une humeur intense et metal qualifiant cette humeur potentiellement aiguisée, ou lourde, comme le métal. Le mot heavy (dans son acception signifiant « sérieux » ou « profond » en argot américain était entré quelque temps auparavant dans le jargon de la contre-culture, notamment celui de la Beat generation, et on trouvait déjà couramment des références à la heavy music, cette expression désignant une musique aux variations plus lentes et plus amplifiées que celles de la musique populaire standard de l'époque. À titre d'illustration, on peut citer le groupe Iron Butterfly, qui fit ses débuts à San Diego en 1966, son nom évocateur (littéralement, « papillon de fer ») étant expliqué sur la pochette de l'un de ses albums : « Iron symbolisait quelque chose de lourd dans le son et Butterfly représentait la lumière, attachante et versatile... un objet librement utilisable par l'imagination. » Qui plus est, le premier album de ce groupe, sorti en 1968, s'intitulait Heavy. Enfin, le fait que le nom même de Led Zeppelin, en partie inspiré par Keith Moon qui avait déclaré que le groupe allait « tomber comme un ballon de plomb », ait incorporé dans sa sonorité l'appellation d'un métal lourd (heavy metal) — le plomb, « lead » en anglais, prononcé led — pourrait avoir scellé le début de la consécration de cette expression.
Autre hypothèse : à la fin des années 1960, Birmingham, qui était encore un haut lieu de l'industrie en Angleterre (de la métallurgie, en particulier), voyait graviter dans ses environs de nombreux groupes de rock, comme The Move ou Black Sabbath, et certains suggèrent que le terme heavy metal pourrait avoir un lien avec les activités de ce pôle industriel britannique. Ainsi, la biographie de The Move indique que le son du groupe est attribuable à son recours aux riffs de guitare « lourds » (heavy en anglais) qui étaient alors populaires dans les « metal Midlands » (partie centrale de l'Angleterre, englobant la ville de Birmingham).
en:Sandy Pearlman, le producteur, manager et auteur des chansons des débuts du groupe Blue Öyster Cult, soutient qu'il a été, dans les années 1970, le tout premier à employer le terme heavy metal dans le contexte de la musique rock. Et il est vrai qu'il fut à cette époque l'un des pionniers de la critique de rock, en sa qualité de collaborateur du magazine américain en:Crawdaddy!, où il publia en 1971 une critique de l'album The Notorious Byrd Brothers des Byrds dans laquelle il fit usage de l'expression heavy metal pour qualifier l'un des morceaux présents sur le disque, Artificial Energy. Autre relation entre Sandy Pearlman et le sens premier de l'expression heavy metal : sa conception, dans le cadre de l'élaboration de l'imagerie propre au groupe, d'un symbole inspiré du symbole alchimique du plomb, l'un des métaux les plus lourds. Instinctivement, il mit ensuite ce terme en avant pour décrire le style de la musique de Blue Öyster Cult.
Une hypothèse tardive, mais disputée, concernant l'origine du genre fut avancée par « Chas » Chandler, manager de The Jimi Hendrix Experience en 1969, dans un entretien qu'il accorda en 1995 à l'émission Rock and Roll d'une chaîne américaine du réseau PBS. Selon lui, « le terme "heavy metal" est apparu dans un article du New York Times relatant une performance de Jimi Hendrix ». Il rapporta en outre que l'auteur de l'article écrivait qu'écouter The Jimi Hendrix Experience, c'était « ... comme écouter du métal lourd (heavy metal) qui tombe du ciel. » La source précise de cette affirmation n'a toutefois pas été retrouvée et son authenticité est donc mise en doute.
Il semble que le premier usage bien documenté du terme heavy metal pour décrire précisément un style de musique soit apparu dans le numéro de mai 1971 du magazine américain Creem, dans une critique de l'album Kingdom Come de Sir Lord Baltimore. Dans cette critique, l'auteur, en:Mike Saunders, déclare que « Sir Lord Baltimore semble maîtriser à la perfection la plupart des ficelles du heavy metal ». Par la suite, c'est au critique Lester Bangs, grande figure de la critique rock et notamment du mensuel Creem, que l'on attribua la popularisation du terme heavy metal, au début des années 1970, pour qualifier le style de groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath.
Si, à l'origine, le terme heavy metal a parfois revêtu une connotation péjorative sous la plume de certains critiques, les fans du genre se le sont toutefois rapidement approprié. De la même manière, des groupes déjà bien établis, comme Deep Purple, qui venaient de la pop ou du rock progressif, se sont immédiatement réclamés du heavy metal, saisissant l'occasion pour épouser une approche plus agressive de leur musique, en décuplant les effets de distorsion et d'amplification.
Origines (années 1960 et début des années 1970)
Le blues et la musique noire américaine furent des sources d'influence majeures pour les tout premiers artistes de rock 'n' roll, par exemple Elvis Presley ou encore les rockeurs anglais. Des groupes comme les Rolling Stones et les Yardbirds ont enregistré de nombreuses reprises de chansons de blues classiques, parfois en accélérant le tempo et en utilisant la guitare électrique au lieu de la guitare acoustique.
Ces pratiques d'amplification de la musique blues traditionnelle furent évidemment stimulées par les nouveaux champs d'expérimentation intellectuels et artistiques qui s'offrirent aux musiciens quand ils se mirent à exploiter les multiples possibilités de la guitare électriquement amplifiée en termes de puissance sonore et de dissonance. Côté percussions, alors que les styles rythmiques du blues-rock consistaient en de simples rythmes en shuffle sur des petites batteries, les batteurs commencèrent à adopter un jeu plus musclé, plus complexe et plus amplifié, de manière à se mettre au diapason des sons de guitares de plus en plus forts. De la même manière, pour s'adapter à l'amplification, les chanteurs ont modifié leurs techniques vocales, gagnant généralement au passage en emphase et en théâtralité. Dans le même temps, les avancées technologiques réalisées dans le domaine de l'enregistrement sonore ont permis la capture et la retranscription sur différents supports (bandes magnétiques, vinyles) de la puissance de cette nouvelle approche de la musique, à la fois plus lourde et plus technique.
Tony Iommi et Ozzy Osbourne de Black Sabbath en 1973.Les exemples les plus anciens de musique généralement identifiée comme porteuse des codes du heavy metal viennent du Royaume-Uni où, dès la fin des années 1960, des groupes comme Led Zeppelin et Black Sabbath se sont mis à appliquer aux gammes et aux arrangements traditionnels du blues cette démarche alors avant-gardiste, qui donnait naissance à une musique nouvelle. Ces groupes étaient en outre très influencés par les musiciens de rock psychédélique américains comme Jefferson Airplane et Jimi Hendrix, qui furent les premiers à amplifier et à modifier les guitares du blues-rock et qui ont ainsi servi de pont entre la musique afro-américaine et les rockeurs européens.
Parmi les autres influences souvent citées, on trouve Vanilla Fudge, qui a ralenti et « psychédélisé » les mélodies populaires, et des rockeurs anglais comme The Who et The Kinks, qui ont posé les bases du style heavy metal en introduisant les power chords et des percussions plus agressives.
Nombreux sont les artistes et les morceaux dont il a été dit qu'ils étaient les précurseurs du genre. Ainsi, pour certains, le titre You Really Got Me des Kinks (1964) constitue l'une des toutes premières chansons de heavy metal. De fait, elle fut peut-être la première à utiliser comme base un riff de power-chords répétitifs et distordus.
Le groupe Cream, avec sa formule alors novatrice de power trio, actif de 1966 à 1968, eut lui aussi une influence considérable, découlant de la puissance sonore engendrée par le jeu complice très amplifié du guitariste Eric Clapton et du bassiste Jack Bruce, adossé au jeu de percussion musclé du batteur Ginger Baker. Dans le sillage de ces pionniers, en 1968, les sons de heavy blues étaient devenus monnaie courante dans la musique populaire. Cette année-là, la reprise par Blue Cheer du hit Summertime Blues d'Eddie Cochran, parue en janvier, est considérée par certains comme la première vraie chanson de heavy metal. Au même moment, Steppenwolf sort son titre Born to Be Wild tandis que les Yardbirds, qui comptent alors en leur sein le guitariste Jimmy Page (futur Led Zeppelin), enregistrent le single Think About It qui, propulsé sur les ondes deux mois plus tard, révèlera un son similaire à celui qui deviendra plus tard caractéristique de Led Zeppelin. Autre sortie notable de l'année 1968, dans la même veine annonciatrice du heavy metal : le titre In-A-Gadda-Da-Vida d'Iron Butterfly, paru en juillet.
Les spécialistes des Beatles, pour leur part, mettent en avant la chanson Helter Skelter de l'album The Beatles (plus connu en tant que White Album ou Album blanc) et la version single du titre Revolution, toutes deux sorties en novembre 1968, qui firent date dans l'histoire de la musique pop et rock, en imposant de nouveaux standards de distorsion et d'agressivité sonore. Au même moment, le groupe de Dave Edmunds, Love Sculpture, sort lui aussi un morceau aux guitares torturées et tapageuses, sous la forme d'une reprise rock de la pièce classique La Danse du sabre d'Aram Khatchatourian.
Sorti en août 1968, Truth, le premier opus du Jeff Beck Group, fera date dans l'histoire du rock. Précédant de quelques mois le premier album de Led Zeppelin (janvier 1969), il est parfois considéré (surtout par les fans de blues britanniques) comme le premier album de heavy metal. En 1969, sur l'album In the Court of the Crimson King du groupe de rock progressif King Crimson, on décèle sur le titre 21st Century Schizoid Man nombre de traits thématiques et musicaux caractéristiques du heavy metal : un son de guitare particulièrement distordu, les solos dissonants du guitariste Robert Fripp, des paroles axées sur une vision négative de l'avenir de l'homme du XXIe siècle, une ambiance sombre et l'extrême distorsion de la voix du chanteur Greg Lake.
Jethro Tull en 1997.Les codes du genre qu'on allait par la suite baptiser « heavy metal » furent véritablement définis et scellés par trois albums sortis en 1970 : Led Zeppelin III de Led Zeppelin, Black Sabbath de Black Sabbath et Deep Purple in Rock de Deep Purple. En effet, on trouve indéniablement chez Led Zeppelin l'aspect théâtral du genre, avec les hurlements du chanteur Robert Plant mis au service des thèmes de la magie, de la conquête et de l'occulte abordés dans les paroles des chansons. Thèmes de l'occulte également très présents chez Black Sabbath, dont le nom même fut choisi en référence à un film d'horreur de Bela Lugosi. Chez Black Sabbath, on découvre le recours intensif aux power chords, le guitariste Tony Iommi, amputé de deux doigts, imprimant à son jeu une couleur particulière qui sera ensuite associée au heavy metal. Le groupe Deep Purple, quant à lui, après avoir quelque peu cherché son style à ses débuts, aborde les années 1970 en adoptant une approche résolument heavy metal de sa musique, tant dans les choix vocaux de son chanteur Ian Gillan que dans les arrangements de son guitariste Ritchie Blackmore.
Bon nombre des premiers groupes de heavy metal, comme Led Zeppelin, Deep Purple, Uriah Heep et UFO, sont désormais considérés, au sein de la communauté actuelle des amateurs de metal, non pas comme des groupes de heavy metal au sens où on l'entend aujourd'hui, mais plutôt comme des groupes de hard rock. D'ailleurs, beaucoup de ces groupes ne se réclament pas de l'étiquette heavy metal, même s'ils reconnaissent avoir contribué, par leurs œuvres respectives, au développement et à l'essor du genre. À cette époque, et tout au long des années 1970, les termes heavy metal et hard rock étaient en fait à peu près synonymes. Pour illustrer la confusion des genres ainsi générée, on peut citer Jethro Tull, qui n'est pas considéré comme un groupe de heavy metal et qui ne s'est jamais réclamé du genre, mais qui a tant marqué les esprits avec son album Aqualung (1971), au style proche des codes du heavy metal alors naissant, que le groupe reçut, des années plus tard, le Grammy Award du meilleur album du genre pour en:Crest of a Knave (1987), à la surprise générale. Autre groupe ayant flirté à la même époque avec les frontières encore floues entre rock psychédélique et heavy metal : Hawkwind, avec notamment sa chanson Master of the Universe (1971).
Beaucoup d'artistes précurseurs du metal sont aussi considérés comme précurseurs du punk, tels que The Stooges, les MC5, The Who, The New York Dolls, Alice Cooper, The Troggs et Blue Cheer. -source wikipédia-
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